RIVM : Accélérer la mise à jour de la base terminologique de l’OMS grâce à l’IA sécurisée et à la validation par des experts

Comment le RIVM et Acolad ont traduit la CIM-11 de l’OMS en néerlandais à l’aide d’un moteur d’IA dédié, associé à une révision par des experts.


À propos du RIVM

Le RIVM (Rijksinstituut voor Volksgezondheid en Milieu), l’Institut national de la santé publique et de l’environnement, est un institut de recherche du gouvernement néerlandais relevant du ministère de la Santé, du Bien-être social et des Sports. Il mène des recherches et fournit des avis scientifiques indépendants dans les domaines de la santé publique, des soins de santé et de la protection de l’environnement. 

Dans le cadre de cette mission, le RIVM assure la gestion de la version néerlandaise des classifications internationales de santé, notamment la Classification internationale des maladies (CIM) de l’OMS. Cette responsabilité s’étend aux Pays-Bas, aux Caraïbes néerlandaises et à d’autres territoires néerlandophones, où une classification uniforme constitue le fondement de statistiques de santé comparables. 

Le défi

Mettre à jour une classification nationale des maladies dans le respect d’une échéance mondiale

La CIM est la norme mondiale d’enregistrement et de classification des maladies, des problèmes de santé et des causes de décès. Gérée par l’OMS, elle permet aux pays d’établir des statistiques de santé comparables à l’échelle internationale. L’OMS a fixé à fin 2027 la date à laquelle les États membres doivent commencer à communiquer leurs statistiques de mortalité et de morbidité à l’aide de la dernière révision, la CIM-11.

Le passage de la CIM-10 à la CIM-11 est considérable : outre environ 1,5 million de mots de contenu nouveau et révisé, il s’accompagne de changements structurels et de nouveaux chapitres. Les révisions antérieures ont été traduites manuellement par des spécialistes sur de longues périodes — une approche qui fonctionne toujours, mais qui est limitée par la capacité des experts. Avec une échéance fixe et un budget défini, le RIVM a dû trouver un équilibre entre rapidité et précision, cette dernière étant primordiale, car la CIM est une classification et non un texte ordinaire, un seul terme erroné peut classer un diagnostic sous un code incorrect et fausser les statistiques qui en découlent.

Une version néerlandaise fiable est importante au-delà des Pays-Bas. Les cliniciens enregistrent leurs données et communiquent en néerlandais, et le RIVM est chargé de la classification dans toutes les régions néerlandophones, ce qui en fait le fondement sur lequel reposent les données de santé comparables. 

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L’approche

Développer un moteur d’IA dédié au RIVM, s’appuyant sur l’expertise humaine

Le RIVM et Acolad ont vu dans la mise à jour de la CIM-11 l’occasion d’appliquer l’IA à grande échelle à un projet faisant appel à une terminologie hautement spécialisée, en combinant la traduction automatisée et la révision par des experts afin de garantir la précision, la cohérence et la facilité d’utilisation.

Un moteur d’IA dédié et sécurisé. Nous avons développé un moteur dédié au projet, entraîné sur la terminologie existante du RIVM et exécuté dans l’environnement sécurisé d’Acolad afin d’offrir le niveau de sécurité requis par le secteur public.

Un flux de travaux évolutif. Testé dans un premier temps sur un échantillon des termes que le RIVM estimait les plus difficiles, il a ensuite été appliqué à l’ensemble de la classification.

Révision par des experts. Des linguistes spécialisés dans la terminologie du domaine ont examiné la qualité linguistique des résultats générés par l’IA — un niveau d’assurance que l’évaluation automatisée seule ne pouvait pas garantir. 

1,5 million de mots

Traduit de l’anglais vers le néerlandais

100 000 synonymes

Générés par l’IA pour faciliter la recherche

2 ans

Révision par des experts en cours
Les résultats

Une première version en néerlandais livrée et prête pour la révision par des experts

Le projet a abouti à la livraison d’une première version néerlandaise complète de la classification mise à jour, dont la qualité linguistique a été vérifiée et qui est prête à être validée par les experts du RIVM.

Le RIVM avait besoin d'une traduction de référence solide et de bonne qualité — non pas d’un article fini, mais d’une base fiable pour la révision par des experts qu’exige une classification de cette importance. C’est précisément ce que le projet a livré. L’institut reconnaît en toute transparence que le bilan complet en matière d’efficacité n’est pas encore établi : la qualité étant primordiale, il procède à un examen minutieux des résultats de l’IA, et les économies nettes réalisées au final dépendront de ce travail.

Une expérience précieuse en matière d’IA pour les deux organisations

Tant pour le RIVM que pour Acolad, le projet a marqué une étape importante dans l’application de l’IA aux travaux terminologiques à grande échelle. Il a fourni un aperçu clair de la façon dont l’automatisation sécurisée et la validation par des experts peuvent fonctionner de concert : l’IA apporte rapidité et envergure, tandis que l’expertise humaine garantit la précision, le contexte et l’intégrité de la classification.

Il s’en est dégagé deux enseignements. Premièrement, pour un projet aussi exigeant, la révision humaine s’est révélée inestimable, car l’évaluation automatisée de la qualité ne donne pas toujours les meilleurs résultats pour des contenus tels que les bases terminologiques. Deuxièmement, un processus assisté par l’IA se déroule différemment d’une traduction manuelle classique. La phase initiale démarre plus lentement par des travaux de préproduction : la mise en place des bases avec la collecte et le nettoyage des données, la constitution de mémoires de traduction, l’ingénierie des prompts et la création d’un moteur de traduction personnalisé. Une fois cela en place, le flux de travaux permet ensuite de produire plus rapidement et à grande échelle, l’étape suivante essentielle consistant en une évaluation approfondie.

Regard vers l’avenir

L’ampleur du projet se reflète dans la phase suivante : la révision par les experts du RIVM est en cours et devrait durer environ deux ans. Une partie de ces travaux consiste à peaufiner les synonymes générés par l’IA : certains, bien que linguistiquement corrects, doivent être repositionnés au sein de la hiérarchie, afin que les affections soient codées et comptabilisées au bon endroit, comme l’exige une classification statistique.

Pour le RIVM, l’un des principaux acquis du projet est l’expérience elle-même : une compréhension plus claire des domaines dans lesquels l’IA est utile et de ceux où l’expertise humaine reste indispensable, ainsi que de précieux enseignements sur la meilleure manière de faire travailler les deux de concert.

« Toutes les entreprises recourent de plus en plus à l’IA, et plus on mène de projets, plus on apprend et plus on acquiert d’expérience. C’est quelque chose que l’on peut partager et qui permet également à l’institution dans son ensemble d’apprendre. »

Joost Wammes
Chef de projet, RIVM
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